Le projet de la crèche reconstitue l’angle de la rue et de la place Sainte-Walburge anciennement occupé par une pompe à essence. En tirant profit de cette position urbaine particulière, il interroge les relations entre les sphères privées et publiques dans les espaces dédiés à l’enfance. Chaque façade possède un vocabulaire architectural propre tout en composant avec les autres un tout identifiable.
Les interactions entre l’intime et le public sont ainsi travaillées pour concevoir un espace dédié à l’enfance. La crèche est en effet un temps à mi-parcours entre l’intimité du cocon familial de l’enfant et le trottoir qu’il foulera un jour. Loin d’opposer ou de cloisonner les sphères de l’intime et du public, l’espace les met en relation par l’usage du bâtiment. L’intime et le public se répondent alors à travers la vie quotidienne du lieu, en montrant sans exhiber, en protégeant sans enfermer.
La distribution a fait l’objet d’un séquençage précis. Le auvent de béton marque l’entrée dans la cour, véritable sas entre la ville et ce lieu protégé. Une fois à l’intérieur, deux escaliers droits en béton se suivent pour monter aux étages. Spectaculaires et rationnels, ils permettent de monter efficacement en profitant de la vue sur le quartier. À partir de cette circulation, des zones de change en retrait permettent d’accéder à l’intimité des sections. Une deuxième circulation, extérieure, relie les différents niveaux. Métallique, exubérante et inattendue, elle est le contrepoint de la première.